Savoir dire non aux enfants au risque de tout perdre

En tant que parents, nous avons tendance à tout faire pour nos enfants, nous travaillons dur pour que ces derniers ne manquent de rien. Même si l’amour n’a pas de prix, l’argent lui, a des limites. De plus en plus d’aînés s’endettent jusqu’à la faillite au nom des enfants. Arrivés à un certain âge, les parents doivent savoir dire non aux caprices financiers de leurs enfants.

L’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) de la Rive-Sud de Québec estime qu’entre 6% à 10 % des faillis sont des aînés. Dans 60% des cas, ces derniers sont victimes d’abus liés à l’exploitation financière exercée, la plupart du temps, par leurs propres enfants ou petits-enfants. Trop souvent, les parents souhaitent aider financièrement leurs enfants, ce qui les conduit à un endettement excessif. La faillite est parfois inévitable.

L’avis d’un expert en insolvabilité

Une situation qui est plus courante qu’on ne le pense, estime Pierre Lacasse, syndic de faillite chez Raymond Chabot inc. à Rouyn-Noranda : « Plusieurs faillites chez les aînés résultent d’abus financiers de la part des enfants. Fréquemment, je rencontre des gens de 55 ans et plus, ayant des dettes de plus de 25 000$ sur des cartes de crédit à taux élevé. Ces montants permettent souvent d’aider des membres de leur famille. » Il arrive parfois que les parents assument la totalité des emprunts de leurs enfants, rajoute cet expert. « J’ai rencontré des cas où les parents endossaient à la banque une marge de crédit de plusieurs milliers de dollars afin d’aider l’entreprise de leur enfant à repartir du bon pied. Après une accumulation des dettes et des déboires de l’entreprise, les parents déclaraient faillite ou étaient obligés d’hypothéquer leur maison et de sortir tous leurs fonds afin de rembourser les créanciers. »

Il est tout à fait normal que les parents veuillent aider financièrement leurs enfants, les aider à repartir dans la vie, mais ils ne doivent pas en assumer tous les risques. Pierre Lacasse est d’avis que « les parents doivent stopper l’abus et dire non aux enfants lorsqu’ils jugent que les probabilités de tout perdre sont trop élevées. »

Le témoignage d’une victime

Josée, âgée de 92 ans, est veuve depuis un an. Elle a demandé à l’un de ses trois enfants de l’aider à faire son ménage et ses commissions en échange d’un salaire. Sa fille étant sans emploi et sans revenu, a tout de suite accepté la proposition de sa mère.

Au fil des mois, la relation entre la mère et la fille a commencé à se détériorer. La fille a tout d’abord entreprit de rénover la maison aux frais de sa mère. Elle lui a ensuite fait payer les frais mensuels de sa voiture dont elle avait besoin pour faire ses commissions. Elle est parvenue à faire signer à sa mère un document devant le notaire attestant qu’elle serait l’unique héritière de la maison aux dépens des autres frères et sœurs.

Les attaques verbales et les injures sont devenues fréquentes envers la mère qui endure la présence de sa propre fille. Devenue agressive et parfois violente, la fille a réussi à faire croire à ses frères et sœurs que la mère devait être placée en institution. La mère a tout de même peur de rester seule et de devoir vendre sa maison si sa fille l’abandonne. Ses fonds vont finir par être épuisés et elle n’aura plus d’argent pour subvenir à ses propres besoins.

Les organismes auxquels se référer

Pour aider les aînés touchés par l’exploitation financière de leurs enfants, plusieurs organismes offrent gratuitement des services d’orientation et d’aide psychologique aux victimes.

Le ministère de la Famille et des Aînés a mis en ligne un service téléphonique bilingue et confidentiel (Ligne Infos-Abus : 514 489-2287 ou 1 888 489-2287). Ce service offre un soutien aux personnes âgées victimes d’abus psychologiques, physiques ou financiers.

D’autres organismes communautaires proposent leur aide. C’est le cas du réseau FADOQ qui défend les droits des retraités et des préretraités. Ces ressources peuvent aider à prévenir et à faire cesser les abus envers les aînés. Les CLSC disposent d’un service psychologique à contacter pour porter plainte.

Enfin, le syndic de faillite peut fournir une aide précieuse concernant les procédures et les comportements à adopter en vue de mettre fin à l’exploitation financière et redresser la situation budgétaire de la victime.

Les abus ne pourront jamais disparaître mais il est indispensable de rompre le silence. Si vous êtes dans cette situation, n’hésitez pas à en parler!

Témoignages

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15/01/2010 à 22 h 35 min par Claire Martel

En lisant le titre de votre article, je pensais que vous alliez parler des jeunes enfants. Savoir refuser de donner de l’argent aux jeunes enfants est aussi une éducation saine par rapport à l’argent. Je suis contre le fait de donner de l’argent de poche aux enfants, ça n’apprend pas la valeur de l’argent, ça ne fait qu’inciter au gaspillage. Comment apprend-on à épargner aulieu de s’endetter ? C’est en ayant l’impression que l’argent est rare et difficile à gagner. Et même nos enfants étudiants doivent apprendre à se priver, alors quand ils seront rendus adultes on leur aura appris qu’ils doivent se débrouiller financièrement sans leurs parents et sans s’endetter.

25/01/2010 à 14 h 37 min par line sparrow

j aimerais vous faire savoir combien jai ete tres bien renseingner et conseiller j etais tres nerveuse en arrivant et elle nous a mis tres allaise elle a pris toute son temp pour que l ont comprend bien toute les procidure a suivre avec une patience merci a vous

25/01/2010 à 14 h 43 min par line sparrow

bonjour j aimerais vous remercier pour l attention que vous nous avez porté lorsque nous somme aller vous voir nous etion tres nerveux tout les deux mais tout suis ont nous a mise allaise elle nous a tres bien reseingner toute les question que l ont voulait savoir a ete repondue avec la plus grande patience merci merci milles fois

27/01/2010 à 23 h 33 min par Eric Dupont

AH… L’Argent, bien pratique, mais combien source de conflit… Heureusement, il y a beacoup de ressources fiables pour s’aider à y voir clair.

30/01/2010 à 0 h 25 min par Diane Gervais

Parler le l’état de nos finances demande parfois une bonne dose d’humilité, surtout lorsque ça va de mal en pire. Mais dès que l’on ose aller de l’avant, nécessairement les bonnes personnes se placent sur notre chemin pour nous conseiller et nous guider. C’est l’une d’entre elles que j’ai rencontré cette semaine et enfin, je peux voir la lumière au bout du tunnel.

03/02/2010 à 12 h 11 min par Jean

Wow, c’est bien de lire vos commentaires et de savoir que des personnes sont passées par là auparavant. Prendre le temps de nous dire que vous vous en êtes sorti, c’est motivant!

17/02/2010 à 13 h 56 min par Nadia Lévesque

Effectivement il est difficile de s’avouer que nous sommes au bout et que la faillite est la seule solution. C’est épeurant de passer par là. Aujourd’hui je suis soulagé et dorénavant l’argent n’aura plus la même valeur à mes yeux!

21/02/2010 à 21 h 14 min par Laval Brassard

Toutes les personnes âgées devraient avoir en main les numéros de téléphone pour avoir de l’aide en cas d’abus, peut-être qu’ils devraient être écrits sur les factures de médicaments ?

22/02/2010 à 16 h 36 min par Charles Lebeuf

Merci!
Ces témoignage et tous ces articles sont une bonne source d’encouragement et prouve qu’il existe une liumière au bout du tunnel.
Merci à Raymond Chabot inc.

25/02/2010 à 13 h 31 min par Marcotte Jacques

Je ne suis pas très bon pour écrire mais depuis que l’on ma conseillé, je me sens beaucoup mieux face à mes obligations. Je dois aussi apprendre à dire non quand il le faut.

28/02/2010 à 22 h 57 min par Julie S.

Très bon article, je vais conserver le lien pour le partager avec des amis.

04/03/2010 à 18 h 41 min par Liane

C’est un sujet tellement tabou… qu’on attend souvent trop longtemps avant de penser à recourir à cette solution et, encore là, on n’ose même pas y penser… on se raccroche au fait que notre situation va bientôt changer… que notre recherche d’emploi va porter fruit. On jongle avec les remboursements de nos cartes de mois en mois, jusqu’à ce qu’on réalise aussi que les autres, malgré leur bonne volonté de nous aider, n’ont pas à payer pour ça. Pour moi, ça été difficile sur le plan émotionel. J’ai toujours été autonome et sur le marché du travail jusqu’à 53 ans. La perte de mon emploi m’a causé un grave préjudice sur bien des plans. J’ai maintenant 56 ans et je viens d’entreprendre un processus de faillite. Pour moi, c’est comme une possibilité de recommencer à neuf, d’effacer une partie des conséquences d’injustice dont on est parfois victime. Je peux maintenant entrevoir une vie plus paisible, malgré les ajustements que j’aurai à faire.

21/04/2010 à 10 h 11 min par Nancy Gaudette

Je trouve cela bien déplorable… Ces personnes qui ont tant donné déjà se retrouve souvent bien vulnérables, ils ne sont souvent pas en état de pouvoir refuser, ont les fait sentir coupables et ils ont souvent devenu physiquement dépendant de leurs enfants, mais à quel prix.

21/04/2010 à 10 h 54 min par Yolande Gosselin

On aime tous nos enfants mais il ne faut pas se laisser berner par eux. Beaucoup de personnes âgées aident leurs enfants mais il faut reconnaitre lorsqu’il y a abus et ne pas subir le chantage des enfants.