La faillite chez les 55 ans et plus
Depuis quelques années, le nombre de personnes de 55 ans et plus à faire faillite est en constante augmentation. On comptait 7 797 faillis en 2009 contre 4 945 en 2006. Ce chiffre n’a cessé de croître en l’espace de 5 ans, une situation de plus en plus inquiétante, répandue dans tout le Canada. On s’attendait à ce que les gens aient acquis une certaine sécurité financière avec le temps mais c’est loin d’être gagné d’avance.
Les causes d’une faillite
Être en situation de faillite à l’âge de 55 ans résulte de mauvaises habitudes en ce qui concerne les dépenses et la gestion du budget. En effet, beaucoup de personnes ont tendance à mal gérer leurs dépenses. Ces mauvaises habitudes s’inscrive dans le temps et la situation ne va pas en s’améliorant. Une planification budgétaire est nécessaire avec des objectifs à long terme de façon à épargner suffisamment pour faire face aux moindres imprévus (maladie, problèmes familiaux, perte d’emploi, etc.) Selon le Bureau du surintendant des faillites du Canada (BSF), la souscription à un crédit à taux excessif est de loin la plus importante cause de faillite chez les 55 ans et plus.
Les enfants peuvent aussi être une raison de faillite pour les parents. Ceux-ci ont tendance à réclamer de l’argent pour démarrer dans la vie. Certains parents n’hésitent pas à utiliser leurs cartes de crédit où à cautionner un emprunt afin de satisfaire les demandes de leurs enfants (lire l’article : Savoir dire non aux enfants au risque de tout perdre). Éric Lebel, syndic de faillite chez Raymond Chabot, a souvent été confronté à cette situation. Il constate que « Les cas d’endettement des parents dus à l’imprudence des enfants sont de plus en plus nombreux. L’emprunt hypothécaire et l’emprunt commercial pour les enfants sont des causes de faillite fréquemment remarquées. »
Les facilités de paiement sont une des causes de l’endettement des particuliers, de plus en plus tentés par ces nouvelles formes de crédit. Ces offres sont très séduisantes et il est parfois difficile d’y résister : « Payez en 36 versements égaux, sans intérêt », « Zéro comptant », « Acheter maintenant, payer plus tard ». Des offres soi-disant intéressantes mais qui cachent des frais d’intérêts très élevés. En général, ces personnes ayant doivent souvent consacrer une partie importante de leur revenu futur au remboursement de ces dettes. Cet argent destiné au remboursement aurait pu être investi ou épargné.
Il suffit parfois de prendre conscience de ses habitudes de consommation et de les changer pour améliorer sa situation financière.
Les solutions offertes
Même si les causes d’endettement des 55 ans et plus sont nombreuses, les moyens pour s’en sortir le sont aussi. Différentes solutions peuvent être envisagées.
Les aides psychologiques
Plusieurs organismes publics offrent gratuitement des services d’orientation et d’aide psychologique aux personnes faisant face à une situation financière précaire. L’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) offre aux citoyens des ateliers de sensibilisation avec l’idée d’apporter des solutions aux dettes des particuliers.
Les CLSC proposent un service d’aide psychologique permettant de gérer le stress résultant d’une mauvaise situation financière.
Les syndics de faillite
Les syndics de faillite sont là pour vous aider à mieux gérer votre budget et à trouver des solutions pour régler vos dettes.
Les outils de budget
Lorsque vous êtes confrontés à un problème financier, la première chose à faire est d’établir un budget ou de le modifier. Le budget vous permettra de vivre selon vos moyens et de répondre à vos besoins. Vous pourrez ainsi commencer à épargner et régler vos dettes. Aux moindres signes avant-coureurs, vous pourrez anticiper et prendre les mesures nécessaires pour éviter la faillite. Sur son site, Raymond Chabot propose des outils de budget en ligne : des modèles de budget, une liste des signes avant-coureurs à éviter ainsi que des astuces pour maximiser vos finances personnelles.
www.raymondchabot.com
La proposition de consommateur
Une fois votre budget établi, le syndic pourra identifier votre capacité à rembourser vos créanciers en vertu de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité, par le biais d’une proposition du consommateur. Cette offre permet d’éviter la faillite et elle donne la possibilité aux individus de rembourser seulement une partie des dettes ou de prolonger le délai de remboursement, payable tous les mois sans intérêts et selon le budget de la personne. La proposition de consommateur permet aussi de mettre fin au harcèlement des créanciers, les saisies de biens ou de salaires de la personne sont protégées.
Le cas de Josée
Josée, une Montréalaise de 59 ans, s’en est sortie grâce à la proposition de consommateur. À la veille de sa retraite, Josée devait rembourser ses cartes de crédit pour un montant de 900 $ par mois. N’étant plus en mesure de payer ses dettes, Josée a commencé à accumuler du retard dans ses paiements, les intérêts continuaient à augmenter, les créanciers la menaçaient. Pensant que la faillite devenait inévitable, son syndic lui a recommandé de faire une proposition aux créanciers. Cette offre prévoyait de payer 200 $ par mois pendant 48 mois. Les créanciers recevraient alors plus que dans le cas d’une faillite. Josée a fini par mettre fin au harcèlement de ses créanciers, conserver tous ses biens et réduire sa mensualité de remboursement de 900 $ à 200 $. De quoi imaginer sa retraite avec plus de sérénité.
Si Josée a préféré recourir à la proposition de consommateur, la faillite personnelle reste une issue envisageable en situation de surendettement.
En effet, selon Éric Lebel, « La faillite personnelle est un moyen d’effacer toutes les dettes et de repartir sur une base financière solide. Ainsi, l’individu n’aura plus à payer ses créanciers et il sera protégé contre toutes poursuites. Mais la faillite laisse des traces et surtout à cet âge-là. C’est un sentiment de honte et d’humiliation envers leur famille et leurs amis que les faillis éprouvent. Pourtant, il ne devrait pas y avoir de honte à faire face à ses difficultés financières et à les résoudre de façon positive. La faillite est un droit accordé à tous les citoyens désirant tourner la page et repartir à neuf. »













je suis soulagée d’avoir pris cette décision , car à 62 ans ma santé ne me permet plus de tracailler et mes revenus sont trop faible pour payer tout ce que je dois.
Ma conseillère a été tres comprehensive et m’a mise très à l’aise. je ne me suis pas sentie humiliée par la décision que j’ai prise.
Ca me fait tres peur de vieillir (on a dans la cinquantaine) car on a aucune sécurité financiere a part notre petite maison.On dit qu etre riche est vivre sans dette , le peut t on de nos jours?
Je trouve très triste qu’une personne qui a travaillé dur toute sa vie se voit obligée de faire faillite. Heureusement qu’il existe la solution La proposition de consommateur. C’est une option qui peut être envisageable dans bien des cas pour les gens qui n’acceptent pas de faire faillite et qui veulent faire face à leurs responsabilités.